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avril 6, 2011 / familleconsacree

Un chrétien biblique, une famille biblique

Qu’appelle-t-on un chrétien biblique?

Depuis le début de l’église chrétienne, il y a eu un combat autour des Ecritures saintes. L’élaboration du canon du Nouveau Testament ne s’est pas fait tout de suite, les écrits apocryphes circulaient aussi. Toutefois assez rapidement la liste des 27 livres que l’on connaît aujourd’hui a émergé grâce au travail des Pères de l’église et à la protection de Dieu sur sa Parole écrite.

La première église dû assez rapidement faire face à la théologie sélective d’un certain Marcion (85 à 160). D’après le texte de Tertullien (contre Marcion), nous apprenons que cet évêque, ayant compris la grâce de Dieu, décida que l’ensemble de l’Ancien Testament était un faux, ne garda que l’évangile de Luc et les épîtres de Paul (textes également expurgés de toute allusion au peuple d’Israël) et fonda ainsi une branche de l’église appelée “marcionite”. Il estimait que le Dieu de Moïse n’était pas le même Dieu que celui du Nouveau Testament. Son point de vue rationaliste ne pouvait réconcilier la loi de l’Ancien Testament avec la grâce du Nouveau. Grâce à lui l’église dû se défendre et accélérer son travail de reconnaissance du canon du Nouveau Testament, représentant l’héritage apostolique de la première église.

Dans un texte que vous pourrez trouver ici: http://www.chretiens-juifs.org/html/SY702_marcionisme.htm, F. Lovky montre comment Marcion en rejetant purement et simplement tout l’héritage hébraïque du christianisme a été l’inventeur de l’antisémitisme chrétien. Aux 19ème et 20ème siècle, il sera repris par Drumont en France et le grand théologien Harnack en Allemagne, influençant catholiques français et protestants allemands avec des thèses proches de celles de Marcion.

Aujourd’hui nous devons faire face à une tactique de substitution historique pratiquée par l’Islam, qui consiste à islamiser la Bible. Il s’agit de transférer aux Arabes le patrimoine historique juif. “La captation de la culture judéo-chrétienne est du reste un élément fondamental de la doctrine islamique, puisque les prophètes de la Bible et Jésus lui-même, mentionnés dans le Coran, sont vénérés uniquement comme des Musulmans ayant enseigné l’islam avant Mohammed, et non point comme professant les religions juive ou chrétienne, qui désormais dépossédées de leur fondement historique, se réduisent à des fables méprisables.” (Bat Ye’or, Juifs et chrétiens sous l’Islam, les Dhimmis face au défi intégriste, 1994, Berb International, page 282)

Ces quelques exemples nous montrent qu’une connaissance approfondie de la Bible pourra seule nous garantir contre une dégringolade historique du christianisme.

Il est donc de la plus grande importance que nous soyons des chrétiens bibliques, c’est-à-dire ancrés dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, conscients que notre foi chrétienne est portée par des racines juives. Ainsi nous encourageons les pères à lire aussi l’Ancien Testament à leur famille, pour que les familles chrétiennes en France soient elles aussi des familles bibliques.

avril 6, 2011 / familleconsacree

Un père se soucie du mariage de ses enfants

Nous notons dans l’Ancien Testament le souci constant des pères (et des mères) concernant le choix d’un conjoint pour leurs fils (ou leurs filles). Nous voyons comment plusieurs se sont attachés à enseigner à leur enfant les principes qui devaient guider leur propre choix pour un conjoint. Il est vrai qu’Abraham a envoyé son serviteur choisir pour Isaac, mais les motifs invoqués pour cette démarche nous en disent long sur l’importance que le patriarche attachait à la femme qui influencerait son héritier direct après sa mort:

“Abraham était vieux, avancé en âge; et l’Éternel avait béni Abraham en toute chose. Abraham dit à son serviteur, le plus ancien de sa maison, l’intendant de tous ses biens : Mets, je te prie, ta main sous ma cuisse ; et je te ferai jurer par l’Éternel, le Dieu du ciel et le Dieu de la terre, de ne pas prendre pour mon fils une femme parmi les filles des Cananéens au milieu desquels j’habite, mais d’aller dans mon pays et dans ma patrie prendre une femme pour mon fils Isaac. Le serviteur lui répondit : Peut-être la femme ne voudra-t-elle pas me suivre dans ce pays-ci ; devrai-je mener ton fils dans le pays d’où tu es sorti? Abraham lui dit : Garde-toi d’y mener mon fils! L’Éternel, le Dieu du ciel, qui m’a fait sortir de la maison de mon père et de ma patrie, qui m’a parlé et qui m’a juré, en disant: Je donnerai ce pays à ta postérité, lui-même enverra son ange devant toi; et c’est de là que tu prendras une femme pour mon fils. Si la femme ne veut pas te suivre, tu seras dégagé de ce serment que je te fais faire. Seulement, tu n’y mèneras pas mon fils. Le serviteur mit sa main sous la cuisse d’Abraham, son seigneur, et lui jura d’observer ces choses.” (Genèse 24:1ss)

Abraham était sorti du pays de l’idolâtrie et ne voulait pas que son fils y retourne ni qu’il épouse une femme de Canaan, une terre également païenne. Il semble qu’Isaac, nécessairement au courant de l’affaire, n’ait pas transmis à ses deux fils les principes d’Abraham sur le mariage. Esaü, le premier à se marier, épousa des cananéennes, provoquant l’amertume de ses parents (Genèse 26:34 et 25). Esaü comprit plus tard, en surprenant les instructions d’Isaac à Jacob, qu’il avait attristé ses parents (voir Genèse 27:46 à 28:9). Les instructions étaient les suivantes: “Tu n’épouseras pas une Cananéenne. Lève-toi, va à Paddan-Aram, chez le père de ta mère, et prends là-bas une femme parmi les filles de Laban, le frère de ta mère.” Plus tard David donnera des instructions nombreuses à Salomon qui sont rapportées dans livre des Proverbes concernant ce sujet du mariage.

Mon fils, sois attentif à ma sagesse, Prête l’oreille à mon intelligence,
Afin que tu conserves la réflexion, Et que tes lèvres gardent la connaissance.
Car les lèvres de l’étrangère distillent le miel, Et son palais est plus doux que l’huile;
Mais à la fin elle est amère comme l’absinthe, Aiguë comme un glaive à deux tranchants.
Ses pieds descendent vers la mort, Ses pas atteignent le séjour des morts.
(Proverbes 5)
avril 6, 2011 / familleconsacree

Une autre génération qui ne connaissait pas le Seigneur

Dans Juges 2:8 nous lisons: “Josué, fils de Nun, serviteur de l’Eternel, mourut, âgé de cent dix ans. (…) Toute cette génération fut, elle aussi, réunie à ses ancêtres, et il s’éleva après elle une autre génération, qui ne connaissait pas l’Eternel, ni l’oeuvre qu’il avait accomplie pour Israël. Les Israélites firent alors ce qui est mal aux yeux de l’Eternel et ils rendirent un culte aux Baals. Il abandonnèrent l’Eternel, le Dieu de leurs pères, qui les avait fait sortir du pays d’Egypte, et ils se rallièrent à d’autres dieux d’entre les dieux des peuples qui les entouraient; ils se prosternèrent devant eux et ils irritèrent l’Eternel.”

Il suffit de quelques générations. La première génération avait vu les miracles avec Josué, la traversée du Jourdain, la conquête de Jéricho, le soleil qui s’était arrêté dans sa course, et tant d’autres prodiges extraordinaires. Ils avaient reçu la crainte de Dieu lors de la punition d’Acan. Ils connaissaient Dieu. Toute cette génération mourut. C’est à dire que leurs enfants avaient eu le temps d’avoir des enfants et éventuellement des enfants de leurs enfants. C’est cette troisième génération dont on peut dire qu’ils ne connaissaient pas l’Eternel, ni l’oeuvre qu’il avait accomplie pour Israël. Et c’est cette génération qui abandonna l’Eternel.

Aujourd’hui il suffit aussi de trois générations. La première, c’est celle des pionniers. Ces chrétiens ont connu une vie sans Dieu et sans espérance. Ils ont découvert la foi et ils ont suivi Dieu de tout leur coeur. Leurs enfants, même s’ils ne partagent pas la même foi et la même expérience, gardent dans leur coeur un respect pour le Dieu qui a sauvé leurs parents. Toutefois lorsqu’ils se marieront, ils ne suivront pas l’exemple de leurs parents. Leurs propres enfants entendront bien un peu parler de Dieu, mais ne vivront pas les mêmes choses, ils seront largement influencés par un autre esprit que celui qui animait leurs grand-parents. C’est de cette manière que les choses peuvent se passer. Il y a souvent une bénédiction matérielle et financière qui accompagne des enfants de pionniers, mais chaque génération a la responsabilité de chercher Dieu pour elle-même.

Comment éviter cette dérive? Il faut revenir à la foi de nos pères, à la parole qui les a sauvés et vivre à notre tour sous l’influence de l’Esprit de Dieu. Il s’agit d’un effort, tout en sachant que Dieu lui-même nous viendra en aide s’il voit notre désir de revenir à lui.

avril 5, 2011 / familleconsacree

Histoire du protestantisme

Dans l’histoire du protestantisme en France le culte de famille tient une place importante.

“La religion vécue ne se limite pas pour le protestant à l’affirmation publique de sa foi. Il existe une religiosité plus intime et quotidienne marquée par la célébration d’un culte dont l’officiant est le pater familias. Ce dernier lit les Ecritures chaque jour devant sa maisonnée. S’il ne le peut – la lecture est, comme chacun sait, un luxe réservé à quelques-uns -, il dit les prières et fait chanter les psaumes.” (Histoire des protestants de France, Philippe Wolff, éditions Privat, 2001)

Comme enfant, Madame de Maintenon, petite fille d’Agrippa d’Aubigné, née François d’Aubigné en prison, fut d’abord élevée par une tante protestante, puis fut assez jeune placée par sa marraine dans un couvent . Plus tard elle devint l’épouse du rois Louis XIV. Dès avant 1685, date de la révocation de l’Edit de Nantes, elle encourageait les enlèvements d’enfants protestants (parmi lesquels ses propres neveux et nièces protestants) en vue de les convertir au catholicisme. A partir de 1685, les enfants protestants étaient forcés d’aller dans les écoles catholiques. Etant donné que les pasteurs avaient disparus depuis 15 ans (tués, exilés…) la seule source de connaissance et de piété protestante se trouvait dans l’enseignement donné en secret aux enfants dans les familles ou dans les assemblées tenues par des prédicants, qui eux-mêmes avaient disparu en 1700.

Elie Marion nous raconte l’éducation qu’il reçu à cette époque de persécution intense: “Je n’ai jamais seü, ainsi que je viens de le dire, que dans notre famille, il y eut aucun papiste ny aucun qui ait professé autre religion que la protestante suivant la Confession des Eglises de France, jusques en l’année 1685 que le Roy, comme l’on sait, par les dragons, par le clergé et les bourreaux força tout son peuple protestant à embrasser le papisme. J’étois alors âgé de sept ans. Je n’ay jamais fait aucune abjuration ni acte de la Religion romaine que d’aller quelque fois à la messe, estant forcé comme tous les autres enfants par les maîtres d’école que le Roy avoir envoyé dans tous les endroits protestants pour instruire la jeunesse. Les instructions secrettes que je recevois tous les jours par mon père et ma mère, aumentoint sy fort mon adversion pour l’idolâtrie, et pour les erreurs du papisme, qu’estant parvenu en âge de connoissance, je ne pratiquoi plus que les assemblées des protestans qui se faisoient dans les desertz, dans les lieux cachés.” (Mémoires sur la guerre des Camisards, page 43-44, Les presses du Languedoc)

A l’époque du réveil de 1701, et dans les années qui suivirent, en Cévennes, la piété familiale était forte. Sans craindre la prison, la mort, les galères, les familles protestantes fidèles continuent leurs exercices de piété dans leurs maisons. Prière, lecture de la Bible, chant des Psaumes, prophéties, repentance, larmes. Nous pouvons parler de réveil d’après cette description d’Elie Marion: “En l’année 1701, Dieu répandit une grande mesure de son Esprit, dans notre province, sur plusieurs personnes de tout âge, de tout sexe. Dans moins de six mois notre païs feüt comme enfanté de nouveau par la vertu de ce divin Esprit, soit les personnes qui en fûrent honorées que ceux qui les fréquantèrent. Nous vîmes des plaideurs obstinnés renoncer à leurs procès, d’autres qui avoint des fontaines de balsfèmes se chagèrent en prières, en louanges et cantiques d’actions de grâces; on vit un amendement presque général de toutes les sortes de vices et péchés. On vit la plus tendre junesse, et la caducité des vieillars, résister aux plus terribles persécutions, à la mort même la plus cruelle…” (Mémoires des Camisards)

C’est dans ce contexte qu’il faut placer cet extrait du témoignage d’Elie Marion: “Le premier jour de l’année 1703, comme nous nous étions retirés, la famille et quelques parents, pour passer une partie de la journée en prières et autres exercices de piété, l’un de mes frères reçut une Inspiration…” (Théâtre Sacré des Cévennes, page 125),

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